ÉVÉNEMENTS
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Message du Pape à la Famille Vincentienne
Ecrit le 02/10/2017 à 09h11

 

Chers frères et sœurs,

A l’occasion du 4ème centenaire du charisme qui a donné naissanceà votre Famille, je voudrais vous rejoindre avec des mots de reconnaissance et d’encouragement et mettre en évidence la valeur et l’actualité de saint Vincent de Paul.

Il a toujours été en chemin, ouvert à la recherche de Dieu et de lui-même. A cette recherche constante s’est greffée l’action de la grâce : en tant que pasteur, il a eu une rencontre fulgurante avec Jésus le Bon Pasteur, dans la personne des pauvres. Ce qui s’est vérifié tout spécialement quand il s’est laissé toucher par le regard d’un homme assoiffé de miséricorde et la situation d’une famille qui manquait de tout. A ce moment-là, il a perçu le regard de Jésus qui l’a bouleversé en l’invitant à ne plus vivre pour lui-même, mais à le servir sans réserve dans les pauvres que Vincent de Paul appellerait plus tard : « nos seigneurs et nos maîtres » (Correspondance, entretiens, documents, XI, 393). Alors, sa vie s’est transformée en un service constant jusqu’à son dernier souffle. Une Parole de l’Ecriture lui avait donné le sens de sa mission : « Le Seigneur m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres » (cf. Lc 4,18).

Enflammé du désir de faire connaître Jésus aux pauvres, il s’est consacré intensément à l’annonce, surtout par les missions populaires, et tout spécialement en prêtant attention à la formation des prêtres. Il utilisait de manière naturelle une « petite méthode » : parler, d’abord par sa propre vie, et ensuite avec une grande simplicité, de façon familière et directe. L’Esprit a fait de lui un instrument qui a suscité un élan de générosité dans l’Eglise. Inspiré par les premiers chrétiens qui avaient « un seul cœur et une seule âme » (Ac 4,32), Saint Vincent a fondé les « Charités », afin de prendre soin des plus nécessiteux, vivant en communion et mettant à disposition leurs propres biens, dans la joie, avec la certitude que Jésus et les pauvres sont les trésors les plus précieux et que, comme il aimait à le répéter, « quand tu vas vers le pauvre, tu rencontres Jésus ».

Cette « petite graine de moutarde », semée en 1617, a fait germer la Congrégation de la Mission et la Compagnie des Filles de la Charité, s’est ramifiée en d’autres Instituts et Associations, est devenu un grand arbre (cf. Mc 4,31-32) : votre Famille. Mais tout a commencé par cette petite graine de moutarde : Saint Vincent n’a jamais voulu être un protagoniste ou un leader, mais une « petite graine ». Il était convaincu que l’humilité, la douceur et la simplicité sont des conditions essentielles pour incarner la loi de la semence qui donne vie en mourant (cf. Jn 12, 20-26), cette loi qui, seule, rend la vie chrétienne féconde, cette loi par laquelle on reçoit en donnant, on se trouve en se perdant et on rayonne en se cachant. Et il était également convaincu qu’il n’était pas possible de le faire tout seul, mais ensemble, en tant qu’Eglise et Peuple de Dieu. J’aime rappeler à ce sujet son intuition prophétique de mise en valeur des qualités exceptionnelles féminines qui se sont manifestées dans la finesse spirituelle et la sensibilité humaine de sainte Louise de Marillac.

« Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25,40) dit le Seigneur. Au cœur de la Famille vincentienne, il y a la recherche des « plus pauvres et des plus abandonnés », avec la conscience profonde d’être « indignes de leur rendre nos petits services » (Correspondance, entretiens, documents, XI, 393). Je souhaite que cette année d’action de grâce au Seigneur et d’approfondissement du charisme soit l’occasion de se désaltérer à la source, de se rafraîchir à la fontaine de l’esprit des origines. N’oubliez pas que des sources de grâce auxquelles vous vous abreuvez ont jailli des cœurs solides et fermes dans l’amour, des « modèles insignes de charité » (Benoit XVI,Lettre Encyclique Deus caritas est, 40). Vous apporterez la même fraîcheur, seulement en élevant le regard vers le rocher d’où tout a jailli. Ce rocher est Jésus pauvre, qui demande à être reconnu en celui qui est pauvre et sans voix. Car il est là. Et vous, lorsque vous rencontrez des existences fragiles, brisées par des passés difficiles, à votre tour, vous êtes appelés à être des rochers : non pas à paraître durs et inébranlables, ni à vous montrer insensibles aux souffrances mais à devenir des points d’appui sûrs, solides face aux aléas du temps, résistants aux adversités, parce que vous « regardez le rocher dans lequel vous avez été taillés, la carrière d’où vous avez été tirés » (Is 51,1). Ainsi, vous êtes appelés à rejoindre les périphéries de la condition humaine pour y porter non pas vos capacités, mais l’Esprit du Seigneur, « Père des pauvres ». Il vous dissémine largement dans le monde comme des graines qui lèvent sur une terre aride, comme un baume de consolation pour ce qui est blessé, comme un feu de charité pour réchauffer tant de cœurs refroidis par l’abandon et endurcis par le rejet.

En vérité, nous tous, nous sommes appelés à nous abreuver au rocher qui est le Seigneur et à désaltérer le monde avec la charité qui vient de lui. La charité est au cœur de l’Eglise, elle est la raison de son action, l’âme de sa mission. «La charité est la voie maîtresse de la doctrine sociale de l’Eglise. Toute responsabilité et tout engagement définis par cette doctrine sont imprégnés de l’amour qui, selon l’enseignement du Christ, est la synthèse de toute la Loi » (Benoit XVI, Lettre Encyclique Caritas in veritate, 2). C’est la voie à suivre, afin que l’Eglise soit toujours plus, mère et maîtresse de charité, avec un amour de plus en plus intense et débordant entre vous et à l’égard de tous les hommes (cf. 1 Th 3,12) : concorde et communion à l’intérieur de l’Eglise, ouverture et accueil à l’extérieur, avec le courage de renoncer à ce qui peut être un avantage afin d’imiter en tout son Seigneur et de se trouver pleinement soi-même, faisant de l’apparente faiblesse de la charité la seule raison de sa fierté (cf. 2 Cor 12,9). D’une grande actualité, les paroles du Concile résonnent en nous : « Le Christ Jésus […] s’est fait pauvre, de riche qu’il était. Ainsi l’Eglise, qui a cependant besoin pour remplir sa mission de ressources humaines, n’est pas faite pour chercher une gloire terrestre mais pour répandre, par son exemple aussi, l’humilité et l’abnégation. Le Christ a été envoyé par le Père pour porter la Bonne Nouvelle aux pauvres… de même l’Eglise enveloppe de son amour ceux que l’infirmité humaine afflige, bien plus, dans les pauvres et les souffrants, elle reconnaît l’image de son fondateur pauvre et souffrant, elle s’efforce de soulager leur misère et en eux c’est le Christ qu’elle veut servir » (Conc. Ecum. Vat. II,  Cost. dogm. Lumen gentium, 8).

Saint Vincent a réalisé cela tout au long de sa vie et il parle encore aujourd’hui à chacun de nous et à nous, en tant qu’Eglise. Son témoignage nous invite à être toujours en chemin, prêts à nous laisser surprendre par le regard du Seigneur et par sa Parole. Il nous demande la pauvreté de cœur, une disponibilité totale et une humilité docile. Il nous pousse à la communion fraternelle entre nous et à la mission courageuse dans le monde. Il nous demande de nous libérer des langages compliqués, des discours nombrilistes centrés sur nous-même et des attachements aux biens matériels qui peuvent nous tranquilliser dans l’immédiat mais ne nous donnent pas la paix de Dieu et sont souvent même un obstacle à la mission. Il nous exhorte à investir dans la créativité de l’amour, avec l’authenticité d’un « cœur qui voit » (cf. Benoit XVI,Lettre Encyclique Deus Caritas est, 31). La charité, en fait, ne se contente pas des bonnes habitudes du passé mais sait transformer le présent. Et c’est d’autant plus nécessaire aujourd’hui, dans la complexité changeante de notre société globalisée où certaines formes d’aumône et d’aide, bien que justifiées par des intentions généreuses, risquent d’alimenter des formes d’exploitation et d’illégalité et de ne pas produire des progrès réels et durables. Pour cette raison, imaginer la charité, organiser la proximité et investir dans la formation sont les enseignements actuels qui nous viennent de saint Vincent. Mais son exemple nous encourage en même temps à donner de l’espace et du temps aux pauvres, aux nouveaux pauvres de notre temps, aux trop nombreux pauvres d’aujourd’hui, à faire nôtres leurs pensées et leurs difficultés. Le christianisme sans contact avec celui qui souffre devient un christianisme désincarné, incapable de toucher la chair du Christ. Rencontrer les pauvres, préférer les pauvres, donner la voix aux pauvres afin que leur présence ne soit pas réduite au silence par la culture de l’éphémère. J’espère vivement que la célébration de la Journée mondiale des Pauvres du 19 novembre prochain nous aidera dans notre « vocation à suivre Jésus pauvre », devenant « toujours davantage et mieux signe concret de la charité pour les derniers et ceux qui sont le plus dans le besoin »et en réagissant « à la culture du rebut et du gaspillage »(Message pour la 1ère Journée Mondiale des Pauvres « N’aimons pas en paroles, mais par des actes », 13 juin 2017).

Je demande pour l’Eglise et pour vous la grâce de trouver dans le frère affamé, assoiffé, étranger, dépouillé de ses vêtements et de sa dignité, malade et emprisonné, ou encore, indécis, ignorant, obstiné dans le péché, affligé, grossier, ombrageux et gênant, le Seigneur Jésus. Et de trouver dans les plaies glorieuses de Jésus, la force de la charité, le bonheur de la graine qui, en mourant, donne la vie, la fécondité du rocher d’où jaillit l’eau, la joie de sortir de soi et d’aller dans le monde, sans nostalgie du passé mais avec la confiance en Dieu, créatifs face aux défis d’aujourd’hui et de demain parce que, comme disait saint Vincent, « l’amour est inventif à l’infini ».

Du Vatican, 27 septembre 2017

Mémoire de Saint Vincent de Paul



Réunion des présidents de conférence - 27 septembre 2017
Ecrit le 28/09/2017 à 16h47

Le Président Alain Darzacq a pu s'adresser à l'ensemble des présidents de conférence de Gironde, ce mercredi 27 septembre 2017, jour de la Saint Vincent de Paul.

Réunis à la Maison de l'Autre au Bouscat, ces derniers ont assisté à la présentation du nouveau bureau départemental, ainsi que des actions que le Président du CD entend mener au cours du mandat qui lui a été confié.

Une messe célébrée par le Père Jean-Loup Ducasse, suivie d'un repas partagé en présence de Monsieur Bobet, Maire du Bouscat, ont contribué à placer cette journée sous le signe du rassemblement.



La conférence de Talence a une nouvelle Présidente !
Ecrit le 21/07/2017 à 16h58
Solange Pomarel est officiellement devenue Présidente de la conférence Notre Dame de Talence ce 24 juin.
 
Elle prend la succession d'Alain Darzacq, nouveau Président départemental.
 
Bon courage à Solange et bonne continuation à tous nos confrères Talençais !


Vacances été 2017
Ecrit le 10/07/2017 à 09h04

Bonnes vacances !

 

Nos rythmes de vie s'accélèrent. Nous devons constamment être plus efficaces pour répondre à de multiples sollicitations et intégrer des informations toujours plus nombreuses. Ce phénomène de "surchauffe" peut nous épuiser, consumant nos ressources et nos énergies, tant physiques que morales et spirituelles.

Il est évidemment nécessaire de faire des choix. Toutefois notre équilibre de vie ne tient pas uniquement au nombre d'activités que nous assumons. Nous savons bien que le travail que nous n'avons pas fait nous fatigue davantage que celui qui est fait ! Et que ce qu'il faut faire par obligation est bien plus usant que ce que l'on fait par passion. Finalement la question est peut-être moins une question de quantité et de proportions qu'une question d'unification de la vie. Comment unifier ma vie en profondeur ? Le travail et le repos, la vie de relation et la nécessaire intériorité, les loisirs et les engagements, les exigences professionnelles et la vie familiale,
Le capital "temps libéré" s'est accru, mais qu'est-ce que cela change dans notre façon de vivre ? Nous pouvons devenir des consommateurs de temps libre ! Nous avons libéré du temps, mais y a-t-il davantage de temps libre ! On peut disposer de davantage de "temps libéré" sans devenir plus libres pour autant.

Pour beaucoup -mais pas tous- voici le temps des vacances. Ce temps nous est donné pour nous re-poser. Il s'agit évidemment de refaire nos forces, mais en nous posant face à ce que l'on a fait, à ce que l'on fait. Ce quotidien qui s'impose à moi me façonne : qu'est-ce que je deviens ? Si ce temps de repos nous permettait de relire ce que nous avons vécu, non pour ressasser, mais pour découvrir ce que nous avons tissé. Le tisserand, sur son métier, ne voit que l'envers de son œuvre et les fils qui s'enchevêtrent. Il lui faut s'arrêter pour observer la tapisserie à l'endroit. Si le temps des vacances nous permettait de regarder notre vie à l'endroit, d'y contempler l'œuvre de Dieu.

Le temps n'est pas un objet à gagner et à posséder. Il est un don à recevoir. Par nature en effet, le temps est destiné à la rencontre. Il nous est donné pour entrer en relation et tisser des liens. Les vacances sont un moment privilégié qui nous est donné pour revivifier de l'intérieur nos relations en famille, entre amis. Mais faut-il encore que nous recevions ce temps comme un don qui nous est fait pour être partagé, et non comme un bien à consommer.

Pour les chrétiens le temps des vacances n'est pas sans évoquer le septième jour de la création où "Dieu ayant achevé l'œuvre qu'il avait faite, se re-posa", non pour abandonner son œuvre à elle-même mais pour la faire exister. Le septième jour fait partie intégrante de l'acte créateur. Si nous nous mettons à distance de notre quotidien, ce n'est pas pour le fuir mais pour mieux l'habiter. Celui qui donne du temps à la prière apprend à vivre le temps comme reçu, et… "maîtrise" mieux son temps ! Si le temps m'est donné, c'est pour aimer. Apprenons à remercier pour le cadeau -le "présent"!- qui nous est fait : nous retrouverons la saveur du présent. Il faut évidemment pour cela se donner un peu de temps, mais "si Dieu a créé le temps, il y en a forcément assez"… pour travailler et pour se reposer, pour remercier et pour aimer !

Nous connaissons le dialogue que le Petit prince engage avec le marchand de pilules perfectionnées qui apaisent la soif ! Tout cela pour faire des économies de temps : "On épargne cinquante-trois minutes par semaine", dit le marchand. "Et que fait-on de ces cinquante-trois minutes ?", demande le petit prince. "On fait ce que l'on veut…", rétorque le marchand. "Moi, se dit le petit prince, si j'avais cinquante-trois minutes à dépenser, je marcherais tout doucement vers une fontaine…" (A. de Saint-Exupéry, XXIII). Ce petit dialogue n'a pas perdu de sa pertinence.

Sans même nous en rendre compte, nous pouvons nous satisfaire de ces mille et un expédients qui nous font oublier la véritable soif qui nous habite, sans jamais l'étancher. Au point même que, drogués par une vie trépidante, nous pouvons avoir peur de briser le rythme et redouter le silence.
Que vais-je faire de ces "cinquante-trois minutes" qui me sont accordées ? Vers quelle Source vais-je me laisser conduire ? Ce temps, il sera gagné si je le donne (sans pour autant me laisser manger !) à ma famille, aux amis, à ceux que je vais rencontrer… Il sera gagné si je le rends au Seigneur dans le silence, dans la prière… Prendre le temps d'une "halte spirituelle" sur mon lieu de vacances, d'un séjour dans une abbaye, d'un pèlerinage, … Les propositions ne manquent pas… Mais peut-être ai-je peur de m'arrêter ?

Si les vacances étaient vraiment ce septième jour, ou au lieu de "faire", nous nous laissions créer, nous laissions le Seigneur faire en nous son œuvre, et qu'avec Lui, -en regardant notre vie, tout ce que nous avons fait, - nous disions que "cela était très bon" ! (cf. Gen 1, 31)

Bonnes vacances ! si tu as la chance d'en bénéficier. Toutefois n'oublie pas celles et ceux qui ne peuvent pas en prendre, ni tous ceux et celles qui travaillent pour que tes vacances soient aussi agréables que possible.

"C'est Dieu qui vient nous aimer : laissons-le faire !" (Madeleine Delbrêl)

 

Yves Boivineau, évêque d'Annecy

Président de Pax Christi France

 

BONNES VACANCES A VOUS TOUTES ET A VOUS TOUS!

AMITIES VINCENTIENNES.

Le Président

Alain DARZACQ



Société de Saint-Vincent-de-Paul
Conseil départemental de la Gironde
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